« L’éducation est dans chaque peuple un produit de ses facteurs historiques »2 affirmait Lorenzo Luzuriaga, l’un des pédagogues les plus influents de la Seconde République… Tout au long du XIXe siècle, puis pendant le premier tiers du XXe, l’éducation est restée hors du champ de préoccupation des gouvernements d’Espagne, qui tous ont fait preuve de passivité et de désintérêt, laissant l’éducation aux mains de l’initiative privée. Durant le dernier tiers du XIXe siècle, sous la houlette de Francisco Giner de los Ríos, un groupe d’intellectuels parmi lesquels Julián Sanz del Río, Gumersindo Azcárate, Nicolás Salmerón, Manuel Bartolomé Cossío et José Castillejo - a cherché à refonder la formation des personnes hors du dogmatisme et de la scolastique. Reliés aux mouvements pédagogiques européens qui prônent « l’école nouvelle », s’affirmant hors de toute attache religieuse, philosophique ou politique particulière, ils créent en 1876 la Institución de Libre Enseñanza, sorte d’université privée chargée de former des personnes « honnêtes, travailleuses et cultivées ». Mais cette institution est restée en marge du système institutionnel.
Au début du XXesiècle, les initiatives dans le domaine de l’éducation sont l’oeuvre de deux secteurs diamétralement opposés. D’un côté l’Église catholique, dont les nombreuses congrégations déploient une activité d’enseignement très importante quantitativement, notamment dans les campagnes où souvent elles seules organisent des écoles. De l’autre la gauche avec d’une part le secteur anarchiste représenté par Francisco Ferrer i Guardia qui crée la (...)
Guillaume Gros retrace la vie de l’un des plus grands historiens français