En 1939, à 37 ans, Philippe Lamour est à Vincennes, aspirant officier. Sans une intervention de Daladier, il n’eût été qu’un soldat réformé de 2e classe fiché pour « Propagande révolutionnaire ». Quand l’armée allemande atteint Paris, il est cantonné dans le bordelais d’où, prudemment, il gagne la zone non occupée. Le régime parlementaire qu’il méprise est détruit en juillet, à Vichy. Il n’est pas sensible à l’appel du 18 juin : « Encore un général … ». Il ne rejoint pas ceux qu’il nomme « les irresponsables de Londres ». Il n’est pas résistant. Il ne collabore pas non plus. Convaincu que la défaite a été méritée, Philippe Lamour pense que la France doit expier et qu’elle renaîtra grâce au travail. Il y a dans son analyse une coïncidence partielle mais indéniable avec celle du maréchal Pétain dans ses messages de juin 1940. Philippe Lamour n’est pas maréchaliste pour autant. Ce n’est pas seulement parce qu’il est convaincu de l’importance de l’agriculture qu’il s’y consacre désormais. Il loue une métairie mais les conditions de vie sont rudes. Il manque de fonds. Son beau - père lui en procure en rachetant les parts des mines de Zellidja que possède Geneviève. Après une courte expérience dans le Bourbonnais, la famille s’installe dans le Gard. Voici Philippe Lamour dans ce Languedoc qu’il va contribuer à métamorphoser. Il travaille, découvre les exigences de la survie, produit un bon vin blanc et continue à écrire se montrant très critique à l’égard de l’agriculture languedocienne et d’une paysannerie trop exclusivement attachée à la viticulture 2. Il observe les (...)
Le livre sur l’Exode : 1940, La France du repli : l’Europe de la défaite sous la direction de Max Lagarrigue