Arkheia, revue d'histoire

Montauban, 1940

Par Max Lagarrigue
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Article publié dans
Arkheia n°22
Auteur : Directeur de la revue Arkheia. Ancien maître de conférences à l’Institut d’Études Politiques de Paris, il est notamment l’auteur de 1940, la France du repli (sous sa direc.), Privat, 2000 ; 99 questions... La France durant l’Occupation (CNDP, 2007).
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(...) Dordogne ou encore le Doubs en Tarn-et-Garonne et Haute-Garonne, etc. Certaines grandes villes sont tout de même évacuées, tel Strasbourg. Néanmoins, l’envoi de la main d’œuvre qualifiée des usines sidérurgiques du Haut-Rhin dans le département du Gers - département essentiellement rural – ne va pas sans poser de problèmes. Les neufs départements réservés en principe pour les évacués Alsaciens et Lorrains ne présentent en effet guère d’affinités avec les départements d’accueil. Difficultés linguistiques pour les Alsaciens, sociales, sanitaires, sans compter que ces repliés parfois qualifiés par certains journaux de “ fugitifs ” ont la douloureuse expérience d’être taxés à leur arrivé de boches, de ya ya, voire d’allemands. Ce tableau doit toutefois être mesuré en ce qui concerne le Tarn-et-Garonne. En effet, le département accueille peu d’Alsaciens d’où peu de difficultés linguistiques ; les Lorrains, les plus nombreux, sont pour la plupart des petits propriétaires exploitant, ce qui permet une meilleure intégration dans le tissu socio-économique des campagnes garonnaises. Le seul point noir qui semble avoir traumatisé ces populations, excepté le trajet, ce sont les conditions sanitaires et d’habitat des campagnes du Sud-Ouest. Le confort et la modernité des foyers Mosellans vaut ces mots à Madame Ramond, réfugiée Mosellane et mariée à un Caylusien, “ il y avait Cent ans de retard ”. Alors que sa famille mosellane possédait automobile, machine à laver le linge, cuisinière et tout le confort que l’on peut imaginer, elle nous décrit le quotidien du paysan caylusien : cuisine à l’âtre, lessive épisodique au lavoir communal, déplacement limité et peu fréquent en dehors de la commune, pas de téléphone et nous pourrions continuer cette longue litanie. On peut parler d’un véritable choc des cultures entre deux France qui se rencontrent pour la seconde fois après la Grande Guerre. Deux France qui s’ignoraient et qui se rencontrent.

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