Arkheia, revue d'histoire

Mémoires libertaires de la Seconde République

Par Ángel Herrerín López
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Article publié dans
Azaña 4 - 5 / hors série
Ángel Herrerín López : professeur titulaire au département d’histoire contemporaine de la UNED ( Universidad nacional de éducación a distancia ), Madrid.
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(...) mouvement libertaire en exil – exprima son opposition à la monarchie et fit implicitement une reconnaissance de la République. Au cours de ce même congrès et dans les derniers mois de 1945, le secteur orthodoxe mena une révision du passé dans laquelle il essayait de démontrer que les libertaires ne s’étaient pas affrontés à la République. Et, qui plus est, ils collaborèrent même avec elle dans les moments les plus importants, qui supposaient un changement significatif pour la société. Parmi les arguments invoqués, on rencontrait celui, si peu anarchiste, de la participation aux élections : « En examinant raisonnablement l’époque qui va du 14 avril 1931 au 18 juillet 1936 8, on remarque qu’il y eut à peine d’erreurs de notre part [ … ] En avril 1931, il n’a pas été fait campagne pour l’abstention électorale. La liberté de voter s’est exercée également en février 1936. »

En janvier 1946, la fraction orthodoxe poursuivit cette politique de défense de la légalité républicaine, et le fit sous une forme claire. La presse confédérale, qui reproduisait un article de Federica Montseny, ne manqua pas de signaler que tant « juridiquement, internationalement, constitutionnellement, ce qui s’impose est le rétablissement pur et simple du régime qui existait en Espagne 9. » Mais le discours orthodoxe changea et se radicalisa d’un mois à l’autre, suite à la participation gouvernementale et à l’affrontement interne. Ainsi, en février 1946, on mettait sur le même plan Monarchie et République, puisque les deux étaient l’expression du « pouvoir bourgeois 10 ». Tandis que le mois suivant on n’acceptait pas un éventuel plébiscite avec la seule question de choisir entre les deux régimes, mais l’on exigeait que l’on élargisse la consultation du peuple et qu’il se décide entre « république fédérale ou socialisme ou communisme d’État ou communisme libertaire 11 ». Le tournant définitif se fit au congrès des fédérations locales organisé en 1947. Les délégués orthodoxes annulèrent les accords pris au congrès de Paris et déterminèrent comme « finalité la mise en oeuvre du communisme libertaire sans étapes de transition et avec les tactiques en accord avec les principes  », ce qui signifiait la lutte armée. De fait, à ce congrès, se constitua un Comité de défense, organisme chargé de promouvoir l’activité insurrectionnelle en Espagne 12.

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