Cet article essaie d’analyser ces « mémoires libertaires » qui eurent pour objet la révision de l’action du mouvement par rapport à la Seconde République. Il ne s’agit pas, bien entendu, de reconstruction historique du passé par chacune des organisations, mais de l’utilisation de la mémoire ou, plus exactement, de la « politique de la mémoire » que n’importe quelle organisation ou institution, publique ou privée, conduit pour justifier le passé, adapter le présent et indiquer l’avenir. La relation entre république et anarchie a oscillé, en Espagne, au long de l’histoire, entre acceptation et affrontement. Une relation qui remonte aux temps où, pratiquement, leurs militants se confondaient.
Quand Giuseppe Fanelli arriva en Espagne en 1868, envoyé par Bakounine pour diffuser les idées de l’Alliance internationale de la démocratie socialiste et de la Première Internationale, les premiers contacts eurent lieu à Madrid et à Barcelone. Le premier foyer de l’Internationale se créa dans la capitale en (...)