Son intérêt pour le théâtre l’incite à voyager hors d’Espagne pour venir à Paris, afin de se constituer une vaste bibliothèque des auteurs dramatiques de langue française et de voir les nouvelles mises en scène. Il assiste aux représentations montées par Jacques Copeau au théâtre du Vieux Colombier et par Charles Dullin au théâtre de l’Atelier, ces mêmes salles que Manuel Azaña a assidûment fréquentées quand en 1911 il résidait à Paris comme boursier de la Junta de Ampliación de Estudios. Max Aub va aussi s’informer de la vie du théâtre en Allemagne et en Union Soviétique, où il se rend en 1936. Durant toute cette période Aub n’est pas impliqué dans la vie politique, bien que depuis 1929 il soit membre du Parti Socialiste Ouvrier Espagnol, car, affirmera-t-il tout au long de sa vie, « j’ai cru et je crois qu’un homme doit être engagé ». Revenant sur cette période de sa vie et sur la position des écrivains espagnols de sa génération, Max Aub affirmait dans ses entretiens radiophoniques : « … aucun de nous, même Rafael Alberti, qui devait devenir après un grand poète politique, pendant la dictature de Primo de Rivera, n’a pensé un seul moment à écrire une seule ligne qui ait à voir avec la politique. Tout au contraire, en 1927, pour le tricentenaire de Góngora, nous avons fait tout notre possible pour faire de l’art pour l’art, de l’art pour l’immense minorité si chère à Juan Ramón Jiménez. »