Arkheia, revue d'histoire

Marie-Rose Gineste, Résitante et Juste chrétienne (mémoires)

Par Marie-Rose Gineste
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Article publié dans
Arkheia n°22
Auteur : Résistante chrétienne montalbanaise, Juste par les nations, Marie-Rose Gineste demeure l’une des figures emblématiques de cette période. Nous republions ses mémoires que nous avions édité pour la première fois en 2000 (n°2-3).

(...) clinique où je me rendais matin et soir pendant tout son séjour, lui servant de secrétaire pour le courrier concernant son diocèse, mais aussi le ministère des affaires étrangères et autres qui le pressaient de rentrer au plus tôt en Tunisie. Un archevêque avait en ce temps là une grande influence sur les populations et la France étant en guerre il était souhaitable qu’il soit présent dans son diocèse pour apaiser les esprits si besoin était. Mgr ne pouvant écrire lui-même, je me faisais un devoir d’écrire à sa vieille maman et à son frère, Me Emmanuel Gounot, mobilisé dans un poste du 2e bureau quelque part dans la région lyonnaise. Pour les tranquilliser je leur écrivais tous les jours à tous deux. Dès que Mgr a pu célébrer la messe dans sa chambre de clinique, tous les matins j’étais présente pour y participer, prier avec lui. Tous ceux qui ont connu Mgr parlent de cette grande bonté qui l’animait, un exemple parmi d’autres : le diocèse de Carthage possédait un vignoble duquel on avait un vin blanc délicieux, vin de muscat, il avait l’appellation « Clos de l’Archevêché. » De Carthage un petit colis de 4 ou 6 bouteilles de ce bon vin adressé à Mgr Gounot arrivait à la clinique. Dès la réception, Mgr mit de côté une bouteille pour la porter à ma vieille maman lorsqu’il quitterait la clinique. Son séjour en clinique dura environ un mois et dès qu’il fut en état de pouvoir voyager il repartit pour la Tunisie. L’automne et l’hiver 1939 c’était la « drôle de guerre », peu de combats sur les fronts. Ainsi se termina l’hiver, mais dès le printemps se furent les affrontements, la vraie guerre. Alors nous avons vu arriver jusque dans nos régions du Midi l’exode des réfugiés ; des soldats n’ayant plus d’unités ou ne sachant plus où elles se trouvaient fuyaient aussi vers le sud de la France ; on en voyait passer dans des véhicules mais aussi à pied. C’était pénible à voir. Une anecdote : j’allais le dimanche à Canals, chez ma sœur, je me souviens y être allée un dimanche de mai 1940, à bicyclette ; or il y avait sur la route nationale 20, entre Montauban et Canals, une file ininterrompue de véhicules de toutes sortes, civils et militaires, de personnes à pied : c’était l’exode des réfugiés et des soldats en débandade, à bicyclette et même à pied. Il me fut difficile de couper ce triste cortège et traverser à gauche de la route pour prendre le chemin conduisant chez ma soeur, à 500 mètres de Canals. Il y eut à peu près à cette époque le grand quartier général replié qui vint s’installer à Montauban, au château de Montauriol, évêché inoccupé depuis le décès de l’évêque Mgr Durand le 4 novembre 1939, son remplaçant n’étant pas encore nommé par le Saint Père. Le grand quartier général étant à Montauban, il fût demandé à la population montalbanaise de donner toutes les chambres disponibles pour (...)


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