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Les bombardements alliés : comment les français les vivents-ils ?

Par Max Lagarrigue
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Article publié dans
Seconde Guerre mondiale
Auteur : Max Lagarrigue, historien, directeur de la revue Arkheia, est auteur de nombreux ouvrages et articles sur la Seconde guerre mondiale.

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De « l’étrange défaite » aux lendemains du débarquement en Normandie, la France est sous les bombes. Aux raids de la Lutfwaffe, en juin 1940, succèdent les bombardements massifs des Alliés. Cherchant à détruire le potentiel industriel français passé au service du Reich dans le cadre de la collaboration économique, de grandes agglomérations reçoivent des tapis de bombes anglo-américains. Dans la « semaine sanglante », du 26 au 31 mai 1944, des villes entières sont rayées de la carte (Caen, Brest, Le Havre).

Les villes de la côte atlantique payent le plus lourd tribut des bombardements des Alliés. Dès 1941, l’aviation anglaise bombarde les principaux ports bretons. Le 14 avril 1941, Brest est touché. Il ne s’agit là pourtant que de prémices. L’entrée en guerre des États-Unis et le développement continu de la production de guerre permettent l’accroissement des vagues de bombardement sur l’Hexagone.

Les bases militaires allemandes sur la côte atlantique française sont l’une des principales cibles des largages des bombardiers anglo-américains. Brest, Le Havre, Lorient, Saint-Nazaire mais aussi Nantes, Rennes, Rouen sont attaquées. La population doit être évacuée. La technique de bombardement en haute altitude des Américains provoque une large dispersion des projectiles explosifs autour de l’objectif, ce qui a pour conséquence de toucher la population civile. Rouen qui subit une attaque le 5 septembre 1942 compte 140 morts et 417 blessés.

Le deuxième objectif des forteresses volantes américaines et anglaises est de détruire le complexe industriel français qui, dans le cadre de la collaboration économique, travaille à plein régime pour l’économie de guerre allemande. En mars 1943, l’usine Renault de Boulogne-Billancourt (Paris) est touchée et l’on dénombre 620 morts et 1 500 blessés, le même mois c’est autour de Rennes (472 morts) Rouen et Sotteville (200 morts). Les usines du Creusot et Sochaux (15 juillet : 94 morts) mais aussi Nantes (16 septembre : 712 morts). La banlieue parisienne n’est pas épargnée : Colombes et Nanterre (9 septembre : 94 morts), Ivry, Bois-Colombes, Courbevoie et Asnières (15 septembre et 31 décembre : 563 morts).

Les préparatifs du débarquement de Normandie intensifient les bombardements au cours de l’année 1944. Les objectifs de ces attaques aériennes massives visent à la destruction des ponts et des voies ferroviaires, le plus souvent proches des agglomérations qui en subissent de plein fouet les conséquences.

Pour le seul mois d’avril, on compte 2367 victimes dont 850 pour la seule ville de Rouen. De nombreuses villes, surtout s’il s’agit de ports, sont littéralement détruites comme Caen, Saint-Lô, Vire, Saint-Malo, Brest, Le Havre, Lorient, Saint-Nazaire tandis que d’autres, comme Nantes, Rennes ou Rouen, sont sévèrement touchées. Quelques semaines avant le débarquement en Provence, c’est au tour (...)


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  • Les bombardements alliés : comment les français les vivents-ils ?
    11 novembre 2013 14:42, par le stéphanois

    St Etienne 26 MAI 1944 J’ai perdu ma Mere mon frère, ma soeur est restée enterrée à leurs coté avec quatre autre morts pendant 26 heures dans les décombres de la maison anéantie par une bombe laché à 6000m d’altitude c’est à dire a l’aveuglette. COMMENT VOULEZ-VOUS QUE JE VIVE CA ? meme après 70 ans.

    J’ai banni le nom des 2 pays mis

    en causse


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