La photo de couverture ( provenant du Polish Institute and Sikorski Museum de Londres ) signale d’emblée l’un des enjeux de ce livre : rendre à la Pologne indépendante la place qui fut la sienne tout au long de la Seconde Guerre mondiale. Une Pologne dont la vision de la guerre en 1941 est désormais celle de « trois alliés [ … ] le général Sikorski, Winston Churchill et le général de Gaulle » et dont les troupes sont stationnés en Écosse. En octobre 1939, après l’invasion de la Pologne par l’Allemagne, la France avait recueilli le gouvernement polonais en exil. Une armée polonaise, forte de 80 000 hommes – émigrés polonais résidant en France ou réfugiés au cours de l’automne et de l’hiver 1939 - 1940 –, sous commandement du général Sikorski, participa aux principaux combats du printemps 1940, de Narvik à la bataille de France. Lors de l’armistice demandé par la France, Sikorski refusa de déposer les armes et gagna Londres : les Polonais continuèrent le combat par les armes, depuis la Grande-Bretagne et, dans la Résistance, sur le sol français.
L’ouvrage de Jean Medrala, fondé sur des archives publiques et privées en majeure partie inédites, comme le fonds Stanislas Lucki, se lit comme un roman d’aventures – d’espionnage et de contre - espionnage. Il entraîne le lecteur dans le labyrinthe des réseaux de renseignements franco-polonais, homologués par la France combattante sous le nom de « Réseau F 2 ». Dans les années 1930, des mathématiciens et des officiers polonais avaient réussi à « casser » le code de la machine ultra secrète Enigma destinée aux transmissions militaires allemandes. De 1933 à la fin de 1938, les experts polonais du bureau du chiffre avaient décrypté et lu, avec une maîtrise totale, les messages radio allemands en provenance de la Luftwaffe, de la Wehrmacht, des services régionaux et des organisations S S. En juillet 1939, en pleine crise de Dantzig, les Polonais invitèrent leurs alliés anglais et français au siège de la section polonaise du chiffre, à Pyry, dans les environs de Varsovie : ils leur révélèrent le résultat de leurs travaux et offrirent aux représentants britanniques et français des répliques de la machine Enigma allemande. Les services spéciaux britanniques, dès lors, perfectionnèrent les acquis polonais et l’on estime que c’est en grande partie grâce à la connaissance du code de ces machines que la bataille de l’Atlantique a été gagnée par les Alliées ( préambule de François Bouchet ). En des pages passionnantes, au long desquelles l’intérêt ne faiblit pas, Jean Medrala retrace l’histoire de ce fourmillement de réseaux et de sous - réseaux au sein desquels ont oeuvré, de 1940 à 1944, plusieurs centaines de techniciens polonais, opérateurs radio et inventeurs de postes miniatures. Hommage vient d’être rendu, à Uzès – siège du P C Cadix – à ces hommes qui « ont (...)
Avec la parution de notre numéro Azana 3, paru le 21 octobre 2009, dernier hors série paru aux éditions Arkheia, nous clôturons l’abonnement 2009.
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