
« Une vague hurlante de manifestants part à l’assaut du pont de la Concorde. ( … ) Les gardes à cheval qui, seuls maintenant , doivent assurer la défense du pont, sont débordés et contraints de se replier vers le Palais Bourbon. » C’est dans ces termes que le Populaire , journal de la SFIO , relate dans son édition du 7 février un moment critique de la manifestation de la veille qui s’est rapidement transformée en émeute sanglante. Tout au long du mois de janvier, sous l’impulsion de l’Action française de Charles Maurras, en pointe avec ses célèbres camelots, les ligues nationalistes avaient entretenu un climat quasi insurrectionnel en stigmatisant le gouvernement radical de l’époque compromis dans des affaires de corruption. Fidèle à la stratégie de la tension entretenue par ses troupes, le colonel de La Rocque aligne ce jour-là environ 8 000 (...)
Le livre sur l’Exode : 1940, La France du repli : l’Europe de la défaite sous la direction de Max Lagarrigue, plus de 30 contributions dont Stanley Hoffmann, Jean-Marie Guillon, José Gotovitch...