Arkheia, revue d'histoire

Le sort des Tsiganes périgourdins autour de la Seconde guerre mondiale

Par Jacky Tronel
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Article publié dans
Seconde Guerre mondiale
Auteur : attaché de recherche à la Fondation Maison des sciences de l’homme (Paris) et coordinateurs de la rédaction de la revue Arkheia.

(...) que les nomades installés depuis le 1er avril sur ses terres « puissent être stationnés dans une autre commune […] pour la tranquillité des habitants qui commencent à s’inquiéter pour la récolte de leurs champs. Ces nomades n’ayant pas de moyens d’existence ne peuvent actuellement se livrer à leur commerce de toile, ces derniers n’ayant pas l’autorisation de circuler ». Sollicité par le préfet, le lieutenant commandant la Section de Nontron, propose que les nomades soient déplacés vers la commune voisine de Lanouaille. Le préfet, d’accord avec cette recommandation, publie le 23 octobre 1940 un arrêté en ce sens. Le 15 juin 1941, le maire du Buisson de Cadouin signale au préfet la présence d’une famille de nomades qu’il a dû installer sur le champ de foire en raison de la divagation de leurs chevaux dans les champs, « à seule fin qu’ils soient sous la surveillance directe de la gendarmerie », précise-t-il, « mais je constate, d’après les doléances des habitants, que leur présence est indésirable. Je vous prierais donc de bien vouloir diriger sur une autre localité ces personnages ». Plus nous avançons dans le temps, plus le discours se teinte de mépris jusqu’à devenir xénophobe. La politique d’exclusion et de rejet des Tsiganes mise en place par les nazis fait des émules. Un courrier du Syndic cantonal d’Hautefort du 6 juillet 1943 en témoigne. Parlant de « l’effet moral déplorable causé dans les populations rurales par la présence de nombreux nomades, bohémiens, saltimbanques », l’auteur ajoute : « Ces gens ne font rien, vivent aux dépens du paysan dont ils sont les parasites. Il serait nécessaire que nos campagnes soient débarrassées de cette engeance, que les hommes soient astreints à travailler à autre chose que la maraude ou le rempaillage de chaises et qu’ils soient envoyés en Allemagne de préférence à nos cultivateurs ». Pour resituer cette déclaration dans son contexte, il convient de se souvenir de la proposition de Pierre Laval d’instaurer “la Relève”, basée sur l’échange et le retour d’un prisonnier français détenu en Allemagne contre trois travailleurs français… Le préfet transmet le courrier du syndic au Commissariat général au Service du Travail Obligatoire, situé au 34 rue Jacques-Émile-Lafon, à Périgueux. En réponse, le directeur départemental explique que ses « pouvoirs se limitent à la désignation pour l’Allemagne, ou l’organisation TODT, des Français physiquement aptes pour travailler au titre du STO ou de la relève ».

Il suggère « de faire arrêter les nomades et de les faire conduire à Périgueux, où [il fera] passer aux personnes du sexe masculin une visite médicale ». L’animosité de la population à l’égard des nomades, toujours considérés comme “indésirables”, perdure jusqu’après guerre. Une note des services de police du 4 février 1948 signale la présence d’une (...)


Réagir à cet article 2 Messages de forum
  • MERCI
    15 septembre 2011 12:57
    Bonjour, j’ai apprit plein de chose sur mon peuple en France, perso je suis manouche, né en France, mai parent aussi (tous les 2 fonctionnaire)et élever en maison avec la caravane dans la cour,et a la maison on parlai moitie Français et moitie manouche (dialect, puisque pas de grammaire) ma famille vient d’Italie, et pour pas être déporter par Mussolini a changer juste une lettre sur notre patronnime pour que notre nom soit total Français (MICHELET)sa sonne bien français non ? ma famille c donc installer en Bretagne (vannes)mai je les connais pas moi perso suis a paris, mai toujours fière de mais racines encore une foi, merci pour ces renseignements.
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    • Très bon article !
      6 novembre 2012 19:02, par Dusan tiganilor
      Bonjour,étant tzigane également notre nom à été changé ou plutôt italianisé venant des pays de l’est pour fuir les percussions des gitans avant la guerre,quand la guerre est arrivé,notre famille voyageait entre plusieurs pays d’Europe centrale et s’est réfugiée en Suisse qui était un pays neutre,semi-sédentarisés dans le nord est de la France et tziganes non sédentarisés qui voyagent encore dans toute la France et en Europe,c’est grâce au changement de nom qui nous a sauvés mais les problèmes sont toujours restés,les préjugés,insultes,mettre le feu aux caravanes,on nous appelaient "les romanos du chemin" après la guerre,ma mère sédentarisé complètement depuis un moment,je n’ai jamais voyagé,une partie de la famille veut reprendre la route ainsi que moi,c’est nos racines mais le carnet de circulation donne un étiquette,je trouve ça discriminatoire mais ça peut servir à innocenter de vols commis dont nous pouvons être accusés,ça a du et du mauvais mais c’est un enlèvement de liberté,ne pas retrouver ses racines pour ne pas avoir de problèmes,je pense à l’extermination de mon peuple encore aujourd’hui très souvent,une pensée aux victimes de mon peuples et aux autres qui ont été considérés inférieur à la race humaine,pourrons nous vivre enfin un jour en paix ? Les sédentaires non gitans ont beaucoup à apprendre sur nous afin de voir disparaître les préjugés et misères depuis 1000 ans. Paix à tout le monde,à mon peuple et fier d’être Rrom.
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