Arkheia, revue d'histoire

Le sort des Tsiganes périgourdins autour de la Seconde guerre mondiale

Par Jacky Tronel
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Article publié dans
Seconde Guerre mondiale
Auteur : attaché de recherche à la Fondation Maison des sciences de l’homme (Paris) et coordinateurs de la rédaction de la revue Arkheia.

(...) chiens. Quant à l’article 98, il réglemente « le droit de police du maire, dans l’intérieur des agglomérations, sur les routes nationales, départementales ou autres voies de communication ». En Dordogne, comment les maires vont-ils interpréter puis appliquer la nouvelle législation touchant aux nomades ? Nous nous contenterons de quelques exemples… Le 17 août 1927, le maire de Périgueux publie un arrêté qui « interdit aux nomades, roulottiers vagabonds et gens sans domicile certain de séjourner sur les quais, places et voies publiques de la commune ». Félix Gadaud justifie cet arrêté par les nombreuses plaintes qui lui sont parvenues « au sujet des déprédations commises par les nomades qui séjournent à Périgueux ». Le maire met en avant le fait que la plupart sont « sans moyens d’existence et que, si quelques-uns d’entre eux paraissent exercer une profession déterminée, ce n’est que dans le but de pénétrer plus facilement dans les maisons […] que de plus, ils laissent divaguer leurs chiens et compromettent ainsi l’ordre et la sécurité publique ». L’énoncé du problème est formulé de telle sorte que les faits reprochés tombent sous le coup de la loi du 5 avril 1884. Le règlement des conflits, quand ils surviennent, revient aux maires des communes concernées. Généralement, le préfet se range à leur avis. Le 4 janvier 1936, Joseph Dauriac, maire de Trélissac, considérant que les nomades « sont une cause permanente de désordre », décide que « le stationnement ou le campement des roulottiers, bohémiens, et en général de tous les nomades, voyageant soit isolément soit en bandes, est expressément interdit sur toutes les places, rues, terrains publics ou ouverts au public, ainsi que sur les chemins vicinaux et ruraux de la commune ». Le 12 octobre 1938, un deuxième arrêté municipal intervient, « vu les réclamations nombreuses des habitants des agglomérations des Maurilloux, de l’Arsault et des Jalots […] protestant contre la divagation des animaux […] attendu qu’il est juste et nécessaire que les habitants de ces agglomérations n’aient pas à souffrir du sans-gêne de certains voisins ». L’accès aux fontaines publiques et aux pacages leur est absolument interdit. C’est alors qu’apparaît une nouvelle catégorie de citoyens : les “indésirables”. Le 18 septembre 1940, le commissaire de police de la ville de Périgueux écrit au préfet : « On ne peut admettre raisonnablement que les habitants de la Place de l’Abattoir soient condamnés à avoir continuellement pour voisins de pareils indésirables dont la place serait dans des camps de travail forcé ». Il s’agit là, ni plus ni moins, d’un appel à la rafle des Tsiganes en vue de leur regroupement et de leur internement en centre de séjour surveillé, comme il en existe tant à l’époque. Le 20 septembre 1940, s’adressant au préfet, le maire de Jumilhac-le-Grand demande avec insistance (...)

Réagir à cet article 2 Messages de forum
  • MERCI
    15 septembre 2011 12:57
    Bonjour, j’ai apprit plein de chose sur mon peuple en France, perso je suis manouche, né en France, mai parent aussi (tous les 2 fonctionnaire)et élever en maison avec la caravane dans la cour,et a la maison on parlai moitie Français et moitie manouche (dialect, puisque pas de grammaire) ma famille vient d’Italie, et pour pas être déporter par Mussolini a changer juste une lettre sur notre patronnime pour que notre nom soit total Français (MICHELET)sa sonne bien français non ? ma famille c donc installer en Bretagne (vannes)mai je les connais pas moi perso suis a paris, mai toujours fière de mais racines encore une foi, merci pour ces renseignements.
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    • Très bon article !
      6 novembre 2012 19:02, par Dusan tiganilor
      Bonjour,étant tzigane également notre nom à été changé ou plutôt italianisé venant des pays de l’est pour fuir les percussions des gitans avant la guerre,quand la guerre est arrivé,notre famille voyageait entre plusieurs pays d’Europe centrale et s’est réfugiée en Suisse qui était un pays neutre,semi-sédentarisés dans le nord est de la France et tziganes non sédentarisés qui voyagent encore dans toute la France et en Europe,c’est grâce au changement de nom qui nous a sauvés mais les problèmes sont toujours restés,les préjugés,insultes,mettre le feu aux caravanes,on nous appelaient "les romanos du chemin" après la guerre,ma mère sédentarisé complètement depuis un moment,je n’ai jamais voyagé,une partie de la famille veut reprendre la route ainsi que moi,c’est nos racines mais le carnet de circulation donne un étiquette,je trouve ça discriminatoire mais ça peut servir à innocenter de vols commis dont nous pouvons être accusés,ça a du et du mauvais mais c’est un enlèvement de liberté,ne pas retrouver ses racines pour ne pas avoir de problèmes,je pense à l’extermination de mon peuple encore aujourd’hui très souvent,une pensée aux victimes de mon peuples et aux autres qui ont été considérés inférieur à la race humaine,pourrons nous vivre enfin un jour en paix ? Les sédentaires non gitans ont beaucoup à apprendre sur nous afin de voir disparaître les préjugés et misères depuis 1000 ans. Paix à tout le monde,à mon peuple et fier d’être Rrom.
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