Arkheia, revue d'histoire

Le gaullisme dans le camp politique héraultais, 1957-69

Par Hélène Chaubin
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Article publié dans
Arkheia n°7-8-9
Auteur : Hélène Chaubin est professeur d’histoire et de géographie. Elle est également correspondante de l’IHTP dans l’Hérault.

(...) destruction totale du système de la IVe République : il appartient à la fois à l’USRAF (Union pour le salut et le renouveau de l’Algérie française) et au CAU (Comité d’action universitaire). Sur la liste qu’il a conduite en 1956 se trouvent deux autres membres de ces organisations qui, par ailleurs, ont des contacts avec “ l‘Association des combattants de l’Union française ” dont le vice-président est le correspondant départemental de Rivarol . En août 1957, la CAU a soutenu une campagne “ Algérie française ” dans l’Hérault, menée par Jean-Marie Le Pen, alors député du premier secteur de la Seine et leader du “ Front national des combattants ”. Les compromis de l’époque rassemblent ainsi dans une corbeille commune les problèmes institutionnels soulevés depuis 1946 et ceux de la décolonisation du Maghreb. Mais les rapports de force politiques locaux paraissaient stables. Aux élections cantonales d’avril 1958, les gaullistes ne présentent qu’un candidat : André Valabrègue, dans la 1ère circonscription de Montpellier : une partie difficile face à l’indépendant François Delmas, le populaire divers-gauche Paul Boulet et le communiste Pupponi. Aussi n’obtient-il que 328 suffrages sur 4 223 exprimés : un seul tour et 0,9 %. Rien n’annonce les bouleversements de juin.

Les remises en cause de l’année 1958

Pendant six mois, de mai à octobre, les gaullistes ont la possibilité de dessiner une nouvelle configuration politique locale. Le choix du gaullisme est en effet soutenu par des groupes très divers. D’un côté, les mouvements et courants “ Algérie française ” puisque le Général est vu comme le protecteur de l’empire. F. Doumenge essaye de les fédérer en intégrant dans une “ Association pour le soutien au général de Gaulle ” créée le 9 juillet l’Association des Français d’Afrique du Nord, la CAU, l’UDCA. Il n’y parvient pas mais il y a alliance de circonstance. L’association est présidée par André Collière, un ancien officier de cavalerie d’origine sétoise, résistant, devenu assureur à Montpellier et chargé de cours à l’École supérieure de commerce. A l’Association des Français d’Afrique du Nord, on se méfie des républicains sociaux que l’on juge “ rentrés dans le système ”. C’est leur président qui a pris la tête, le 21 mai, d’un Comité de salut public créé à l’instigation de celui de l’Algérie et du Sahara puis s’est retiré au profit du vice-président des Anciens combattants de l’Union française, un proche de l’UDCA qui se dit “ gaulliste par opportunité et non par goût ”. En septembre 1958, le comité débat âprement sur le bien-fondé du “ oui ” au référendum et ne s’y rallie que par crainte “ d’un retour de l’équipe de Mendès-France avec les communistes et les francs-maçons ” Le gaullisme trouve d’autres appuis, plus inattendus. Les réactions de (...)



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