
Saint-Capraise-de-Lalinde ( Dordogne), au lieu-dit « Tuilières », sont construits au début du XXe siècleun barrage et une usine hydroélectrique. Porté par l’ingénieur Albert Claveille, ce projet ambitieux et visionnaire n’est pas dépourvu d’esprit de clocher. Il est ambitieux parce que l’homme, qui a beaucoup voyagé , souhaite créer un gigantesque barrage au fil de l’eau , le plus grand d’Europe. Il est visionnaire car l’ingénieur parie que l’énergie électrique, alors à vocation essentiellement industrielle, aura un avenir dans la consommation domestique. Enfin, il fleure bon le chauvinisme local dans la mesure où l’enfant du pays a habilement usé de son autorité pour que le site retenu soit son propre coin de Périgord. Les travaux, titanesques durent de 1905 à 1908. Deux sources d’énergie assurent le fonctionnement de l’usine électrique, quelles que soient les saisons. La plus grande partie de l’année, c’est le courant de la Dordogne qui actionne les neuf turbines mais, en période de sécheresse ou d’inondation, une chaufferie au charbon peut prendre le relais. Le minerai parvient de Carmaux à la gare de Saint-Capraise, elle - même reliée à l’usine par une motrice qui, en bout de ligne, décharge les bennes en imposants tas d’au moins cinq mètres de hauteur.
La mise en service de l’usine a lieu au cours de l’année 1909. Le réseau est impressionnant pour l’époque : les lignes à haute tension à 50 000 volts – que l’on nomme « artères » – s’élancent en deux directions : vers l’ouest et Bordeaux par la vallée de la Dordogne, via Sainte-Foy-la-Grande et le poste de coupure de Saint- Pey-d’Armens ou par la vallée du Dropt, via La Sauvetat (Lot-et-Garonne) et le poste de coupure de Camiran. Les lignes partent aussi vers le nord et Périgueux ou Angoulême via le poste de coupure de Bertric-Burée. Sur ces axes principaux se greffe peu à peu un chevelu de lignes qui irrigue les villes et les hameaux.
Au coeur de l’effort de guerre La déclaration de guerre du 4 août 1914 révèle l’enjeu stratégique de l’usine de Tuilières. Bien que la mobilisation soit générale, la plupart de ses travailleurs sont maintenus dans leur emploi et placés parmi la catégorie jalousée des « affectés spéciaux ». En outre, un personnel militaire est chargé d’assurer la garde du site devenu sensible. Fin juin 1915, ces hommes du 8 e territorial sont renforcés par un contingent de gardes des voies et communications – les GVC – dont six proviennent du bourg de Saint - Capraise. Le site s’agrandit avec la construction, à 15 km en aval, à Bergerac, d’une usine de poudre - coton qui prend (...)
Manuel Azaña et la France sous la direc. de Jean-Pierre Amalric. Autour des meilleurs spécialistes et témoins, tout sur le rapport de l’ancien chef d’Etat avec la patrie de Molière