Le 2 et 3 mars 1930, les eaux du Tarn se déchaînent sur la cité d’Ingres et de Bourdelle. Les quartiers populaires de Sapiac et la ville basse de Villebourbon, sont engloûties. Aux victimes montalbanaises s’ajoutent celles des villages de Reyniès et Moissac.

La formidable violence de cette catastrophe naturelle s’explique par la coïncidence de facteurs agissant habituellement isolément. Dans toute la région comprise entre la Garonne, le golfe du Lion et le bas Rhône, les sols étaient depuis plusieurs mois gorgés d’eau. Si l’on estime que la fonte des neiges en Cévennes a fourni un cinquième du volume de la crue, ce sont surtout les pluies diluviennes, reçues pendant 48 à 60 heures par l’Albigeois, le Quercy et la Montagne Noire, qui ont grossi les rivières, notamment le Dourdou et l’Agout ainsi que le Tarn dans sa partie cévenole. En Tarn-et-Garonne, la montée des eaux s’est manifestée avec une vitesse stupéfiante, les flots rompant tout sur leur passage. La situation fut plus particulièrement tragique à Reynies (village complètement détruit hormis son église), à Montauban, Albefeuille-Lagarde, Barry-d’Islemade, Lizac, au Barthes et à Moissac. Au total, la crue fit périr 200 personnes et des dizaines de milliers d’animaux ; elle détruisit 3 000 maisons et onze grands ponts, emportant des dizaines d’ouvrages de moindre importance et d’innombrables routes ; enfin, elle coupa partiellement vingt lignes ferroviaires, accentuant la quasi - paralysie de toute une région. Ce tragique bilan provoqua un élan de générosité sans précédent à l’échelle de la France, de certains pays d’Europe et du reste du monde.
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