Le maître mot de la grande et séculaire tradition française est bien le gallicanisme, que l’on se risquerait, n’était l’évident anachronisme, à traduire par nationalisme religieux, puisque le mot renvoie par son étymologie même à la France. Il s’agit d’une conception d’État, ventuellement endossée par les Parlements, au XVIIIe siècle, selon laquelle l’Église catholique doit être soumise aux autorités civiles. Bonaparte, en encadrant le concordat de 1801 par les articles organiques, s’inscrit au coeur de cette tradition que l’on pourrait dire du « pacte gallican » ; ces articles parlent même d’Église gallicane, ce qui est tout autre chose qu’une lourdeur de traduction. Rois très chrétiens et empereur concordataire ont voulu avoir affaire à une Église de France, institution nationale avant que d’être une partie de l’Église catholique, apostolique et romaine.
D’où l’importance du rôle joué par Bossuet dans la rédaction de la Déclaration des quatre articles, en 1682, charte du gallicanisme sous la monarchie catholique : le texte traite de la séparation des pouvoirs, de la supériorité du concile sur le pape, de la limitation de la (...)
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