Arkheia, revue d'histoire

La Seconde Guerre mondiale dans le cinéma français de Sylvie Lindeperg

Par Clément Puget
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Article publié dans
Arkheia n°7-8-9
Auteur : Clément Puget est doctorant en histoire.
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(...) comiques – La Grande vadrouille – dans lesquels s’exhibent les stars du moment (Babette s’en va-t-en guerre). Intitulé “ Le retour de l’enchantement ”, ce chapitre exhibe les derniers vestiges d’un discours résistantialiste désormais passé de mode. Pourtant, ce parcours à travers la cinématographie des années d’après guerre se conclut par l’étude d’une fiction non moins importante, L’Armée des ombres. Le film de Melville, longtemps assimilé à un dernier hommage au gaullisme ( !), apparaît sous la plume de Sylvie Lindeperg comme l’ultime bastion de l’imagerie résistante mais également comme la conclusion visuelle d’une époque, d’un cycle de représentations. L’Armée des ombres est d’abord une réflexion sur le sens du mot Résistance. Il y aurait évidemment d’autres aspects du cinéma des années 1944-1969 à évoquer. Cet ouvrage de grande qualité les suggère. En étudiant les différents niveaux de l’élaboration d’un film, depuis la naissance du projet jusqu’à son financement et sa distribution, l’auteur fait parler le “ hors-film ” autant que le film lui-même. A ce sujet, le lecteur aurait sans doute apprécié d’être un peu plus immergé dans l’œuvre des cinéastes. On peut regretter que Sylvie Lindeperg n’ait pas exposé plus largement les nombreuses analyses filmiques qu’elle a entreprises. Le film est d’abord une empreinte laissée par le temps, qui recèle des informations à décrypter et qui renvoie à un imaginaire politique et social, semble nous dire l’auteur.

Enfin, on notera dans cet ouvrage la précision des sources utilisées et leur localisation (témoignages oraux et écrits, archives), ainsi qu’une bibliographie indicative, qui viennent compléter une filmographie pléthorique. Alors que le dernier film de Bertrand Tavernier vient de sortir, la Résistance et l’Occupation ne nous parviennent plus aujourd’hui que par bribes. Les Ecrans de l’ombre prouve néanmoins que le cinématographe a encore beaucoup à nous dire sur notre façon de penser et de transmettre l’histoire de la Seconde Guerre mondiale. 

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