Tout plaide en faveur de la plus rose des cités roses : une ancestrale tradition d’hospitalité, une proximité relative puisqu’une soixantaine de kilomètres sépare Loc-Dieu de Montauban, un musée Ingres vaste, impressionnant de robustesse, à l’allure de forteresse, un personnel compétent, une caserne de pompiers toute proche, enfin, le Tarn, en guise d’inépuisable réserve d’eau. En outre, la ville offre la possibilité de loger par réquisition, ceux des gardiens qui resteront en Tarn-et-Garonne et de trouver des locaux pour l’atelier de restauration, appendice naturel du Louvre. L’occupation montalbanaise s’effectue progressivement. Est réquisitionné en premier, le château du Grand Barreau d’Albias, libéré le 1er septembre 1940 par les officiers de l’escadrille du Service Géographique de l’Armée (l’actuel IGN). Le château du Grand Barreau d’Albias était alors la propriété de la succession Ulrich, maire d’Albias et ancien vice-président administrateur délégué en 1931 de la compagnie de chemin de fer métropolitain de Paris. René Huygue, conservateur des Peintures, obtient également par accord verbal de la part de la municipalité, non pas réquisition de trois salles du rez-de-chaussée du musée Ingres, mais leur prêt gratuit, ainsi que, par un avantage semblable, les locaux dits de La Solidarité pour le logement des gardiens. Par contre, une tentative auprès du Grand Séminaire se soldera par un échec, son supérieur opposant une fin de non-recevoir, échec rattrapé par Mgr Théas, évêque de Montauban. A la suite de son intervention, cinq chambres et une immense salle pouvant servir d’Atelier de restauration sont réquisitionnées le 15 novembre au Collège Saint-Théodard. Enfin, dans l’impossibilité de disposer de l’Institut Calvin en raison du refus des Services militaires de Santé, une aile du château de Chantilly situé au nord de Montauban, avenue d’Ardus, est mise à la disposition des Musées nationaux à compter du 1er décembre 1940. Enfin, le 1er août 1942, est signée une dernière convention entre André Chamson, conservateur des Musées nationaux - et écrivain - d’une part, et le capitaine de vaisseau de Védrines, d’autre part, pour l’utilisation de l’Institut Calvin, quai Montmurat, encore que l’occupation de certains de ses locaux ait commencé à partir de Noël 1941.
C’est le 28 septembre 1940 que les quatre premiers camions quittent Loc-Dieu pour Montauban, y transportant 29 caisses. Le 3 octobre, c’est autour de (...)
Avec la participation de Patrick Cabanel, Antonio Ferrer Benimelli, Hilari Raguer, Joseph Pérez, Gérard Malgat et Elvire Diaz...Commander le dès aujourd’hui