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LDH : les liaisons dangereuses de la Ligue des droits de l’homme

Par Max Lagarrigue
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Article publié dans
Opinion, débats
Auteur : historien, directeur et cofondateur de la revue Arkheia. il est également journaliste à La Dépêche du Midi.

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Désormais privée de perspectives révolutionnaires, une partie de la gauche et de l’extrême gauche voit dans l’islamisme la nouvelle expression politique des « damnés de la terre ». Ces liaisons dangereuses s’incarnent dans l’obstination tranquille de la Ligue des droits de l’homme à prôner une tolérance surprenante à l’égard des islamistes.Retour sur l’histoire méconnue d’une certaine gauche qui, selon le mot de George Orwell, fut « antifasciste mais pas antitotalitaire ».

Initiée dans la foulée du fameux « J’accuse » d’Émile Zola paru dans l’Aurore – le journal de Clemenceau – la Ligue française pour la défense des droits de l’homme et du citoyen (LDH) fut créée officiellement le 4 juin 1898 autour d’un petit noyau d’intellectuels protestants libéraux refusant la condamnation du capitaine Dreyfus. Son premier président, le sénateur girondin Ludovic Trarieux (1898-1903) avait lancé, quatre mois avant la création de la LDH, le projet de constituer une ligue pour la « sauvegarde des libertés individuelles ». La Ligue française pour la défense des Droits de l’Homme et du Citoyen est finalement créée le 4 juin 1898 1. Après la révision du procès, les dirigeants de la LDH devinrent d’ardents défenseurs de la loi de séparation des Églises et de l’État, pilier de la laïcité française. Nul doute que l’importance des contingents de Francs-maçons du Grand Orient de France (GODF) adhérant à la LDH, sut influer tant sur la philosophie que sur les campagnes de l’association 2. Ainsi, le philosophe et pédagogue Ferdinand Buisson, exilé en Suisse durant l’Empire, devenu l’une des chevilles ouvrières de l’école laïque républicaine aux côtés de Jules Ferry, partisan du vote des femmes et de la loi de séparation de 1905, donna durant sa présidence de la Ligue (1913-1926) une ampleur jusque-là inégalée dont le point d’orgue fut son élévation comme lauréat du prix Nobel de la paix en 1927. À lire son histoire, la LDH apparaît comme le « sanctuaire de la République et des républicains 3 ». Rien dans les écrits de l’historienne Madeleine Rebérioux qui fut présidente de l’association de 1991 à 1995, ne semble faire ombrage à l’association et ses dirigeants 4. Aucun régime, ni idéologie, n’aurait été épargné par les condamnations d’une association au-dessus de tout soupçon de sympathie avec quelque pays que ce soit. Pourtant, pour des raisons que nous tenterons d’expliquer, la LDH et ses dirigeants adoptèrent très tôt une attitude complaisante à l’égard du régime bolchevik. Et même en pleine période stalinienne, la Ligue ne protesta contre les procès fabriqués de Moscou, légitimant l’assassinat des vieux compagnons de Lénine par Staline.

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