Arkheia, revue d'histoire

Juin 1944 : les pendus de Tulle

Par Gilbert Beaubatie
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Article publié dans
Arkheia n°17-18
Auteur : Gilbert Beaubatie est président de la Société savante de Corrèze et correspondant de la revue Arkheia.

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Le 9 juin 1944, la ville de Tulle est le théâtre d’une effroyable tragédie : 99 otages sont pendus. Les responsables appartiennent à la fameuse division Das Reich, commandée par le général Lammerding. Nous chercherons ici à répondre à plusieurs questions. D’où viennent ces massacreurs ? Pourquoi ont-ils fait subir à la population tulliste ce traitement sanguinaire ? Au cours de leur cheminement et de leur traversée du département, de quelles autres exactions se sont-ils rendus coupables ?

Avant d’entrer dans le vif du sujet, il convient de faire deux rappels. Deux mois avant le massacre de juin, Tulle et sa région ont déjà été victimes d’une aveugle répression. Pendant deux semaines particulièrement sanglantes et dévastatrices, une division motorisée allemande en provenance du sud a semé la terreur dans au moins douze cantons. A la date du 7 avril, le préfet de la Corrèze, Pierre Trouillé, a établi le bilan suivant : 3 000 personnes ont été arrêtées – 70 fusillées – des juifs ont été passés par les armes. Faute de soins, des malades chirurgicaux sont décédés. Des dizaines de maisons et de fermes ont été incendiées. Quel était le but de ces opérations de police ? Le préfet, après avoir fait observer que rares ont été « les engagements directs contre le maquis », estime qu’elles ont cherché avant tout à modifier le climat psychologique, à frapper d’effroi la population, à démontrer à celle-ci que les maux qu’elle subissait étaient « la conséquence du développement du maquis en Corrèze ». Une évidence : les forces d’occupation n’ont pas réussi à freiner l’essor de ce maquis. En effet, à partir du 1er mai, le mot d’ordre des rangs FTP corréziens est d’intensifier l’insurrection nationale, considérée alors comme le seul « moyen d’autodéfense » devant le risque de voir l’armée nazie se livrer « à des internements massifs et au massacre de millions de Français au moment du débarquement allié ». Bref, les différents rapports de gendarmerie, de police et des Renseignements généraux, n’en finissent pas d’énumérer les nombreuses et diverses manifestations de « l’activité terroriste criminelle » : attaques à main armée, attentats, sabotages, occupations de villes le 1er mai. La Résistance corrézienne, notamment FTP, « a crû en puissance et en audace ». Début juin, elle le montre avec éclat, en décidant d’investir la ville de Tulle.

Le 7 juin 1944, à partir de 4 h 30, commence l’assaut, qui se poursuit le lendemain. Les combats sont rudes et sanglants, émaillés d’épisodes tragiques : 18 gardes - voies abattus froidement dans le dos ; une trentaine de maquisards mortellement frappés ; une garnison allemande contrainte par l’incendie de sortir de l’école normale des filles où elle s’était retranchée et soumise aux rafales d’un fusil - mitrailleur. C’est alors qu’interviennent les hommes (...)


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Réagir à cet article 3 Messages de forum
  • Juin 1944 : les pendus de Tulle
    13 janvier 2010 22:24, par van renterghem
    Il y a des reponses simples : le maquis correzien (majoritairement FTP) et la topographie ,comme le Vercors ,offraient des conditions ideales à la "resistance" ;je suis née en 46 , mais je connais certains détails ..
    Répondre à ce message
  • Juin 1944 : les pendus de Tulle
    13 janvier 2010 22:31, par van renterghem
    Il y a des reponses simples : le maquis correzien (majoritairement FTP) et la topographie ,comme le Vercors ,offraient des conditions ideales à la "resistance" ;je suis née en 46 , mais je connais certains détails ..mes parents etaient ,pour une partie dansle maquis ,les autres tres actifs , avec le Dr Lacoste et "Maman" Toulette ,sage-femme ,et beaucoup d’autres choses ...J’ai hesite , car j’ai peur d’internet ..
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  • Juin 1944 : les pendus de Tulle
    13 janvier 2010 23:14, par van renterghem
    Mon nom de jeune fille est Geneste , mon père , cheminot et librte-penseur , sans jamais aucune étiquette, prisonnier ,à Domremies evade , dans des conditions surhumaines (anar comme il l’etait , pas de decoration) ,il a rallié en 40 la zone libre ,et repris son travail modeste à la gare de Tulle Pendant ce temps , le jeune frere de ma mere ,Marcel Deveix ,avait ete recruté , pour sa haute taille sans doute (1m87 c’est beaucoup cheznous) ,mais surtout pour son humour , sa jeunesse ,et son cote "trompe-la-mort" ; quand on a 17 ans ..Sous le pseudo de Pepin (le Bref) , mon oncle a plastique la foret de Chadon et l’usine à gaz de Tulle .Mais tout le monde s’en fout : on prefere parler de Hollande ou de Montalat (un violeur=)mais socialiste ??
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