Au matin du 11 juin, les repliés arrivent devant les portes de la prison d’Orléans. Halte inutile car la prison est déjà surpeuplée. L’étrange procession se scinde alors en deux convois. L’un se dirige vers le camp des Groües, proche de la gare des Aubrais, tandis que l’autre poursuit sa route en direction de Montargis et arrive à Cepoy (Loiret). Moussinac décrit son arrivée au camp des Grouës : « On distingue des senti-nelles, des baraques, des barbelés, un déta-chement de soldats, baïonnette au canon, apparaît. (…) Des soldats nous serrent de près, la baïonnette basse ne cherchant qu’un prétexte pour nous piquer les cuisses ou nous donner des coups de crosse dans les reins. Ils ne cessent de nous injurier. – Salauds ! Fumiers… Sales Boches ! (…) Nous sommes pour ainsi dire jetés dans une baraque où nous distinguons à peine deux rangées de couchettes superposées. De la paille est disposée en tas au milieu du passage. Chacun se précipite. Il s’agit de se débrouiller. » La nuit du 11 au 12 juin est marquée par la tentative d’évasion d’un détenu ukrainien, qui se solde par la mort d’un « politique », tué d’une balle perdue. Henri Martin poursuit : « J’ai appris par la suite que la victime s’appelait André Lambert, de Paris. Il était communiste, marié et père de deux enfants. » À partir du 13 juin, le regroupement d’une partie des prisonniers de la Santé et du Cherche-Midi a lieu au camp des Grouës. « Le commandant de cette prison prend la direction de tout notre troupeau, qui reçoit la dénomination de “détachement des prisons de Paris” » précise Charles Lesca. Dès lors, le commandement est assuré par le capitaine Kersaudy. En raison de l’attaque déclenchée par l’aviation allemande sur la gare des Aubrais, le camp est évacué au soir du 15 juin. En colonne par trois, les prisonniers se dirigent, à pied, vers le sud, en direction de Bourges, avec pour objectif (...)
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