Arkheia, revue d'histoire

Jean-Paul II : témoin de l’espérance par Georges Weigel, partie I

Par Bernard Housset
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Article publié dans
Critiques de livres
Auteur : Mgr Bernard Housset, Evêque de Montauban.

(...) Carmel, au contact des religieux salésiens -de St-Jean Bosco- catéchistes clandestins dont beaucoup mourront dans des camps nazis, au contact du “‑tailleur mystique‑” Jan Tyranowski, qui fonde, en mai 1941, l’oeuvre du Rosaire vivant pour la formation spirituelle des jeunes. Résistance culturelle aussi. La volonté de faire survivre l’âme de la Pologne -en attendant mieux- anime une équipe de jeunes auteurs et acteurs. Karol se joint à eux, écrit plusieurs drames d’inspiration biblique -David, Job, Jérémie- qui trouvent leur cadre historique dans les périodes héroïques du pays. On traduit Sophocle, Shakespeare, on utilise ce “‑Théâtre rhapsodique‑” comme une protestation contre l’extermination de la culture polonaise sur son propre sol. Ces intrépides -garçons et filles- ont vingt, vingt et un ans. On répète deux fois par semaine, entre la fin de la journée de travail et l’heure du couvre feu. Dans les rues cependant, les affiches de l’occupant publient les listes des patriotes exécutés... On remet en scène les auteurs du siècle précédent qui ont chanté les épopées des résistances antérieures. Tout pour contribuer à raviver l’âme de la nation. Théoricien et acteur, Kotlarczyk veut résister à l’oppresseur en réhabilitant la culture nationale. Ce milieu influence beaucoup Karol. Lui aussi a opté pour la résistance par la culture. De plus, il est animé par sa conviction que la Parole (Verbe de Dieu, cf. L’évangile de Jean, chap. I) étant la cause fondatrice du monde, le théâtre, devenu acte de parole au service de la justice, puise dès lors sa force à la puissance créatrice primordiale. Evoquons cette nuit de novembre 1942 où une troupe met en valeur un poème épique de Mickiewicz. C’est à Cracovie. Prévenue de cet acte de résistance culturelle, l’armée allemande contre-attaque en faisant beugler ses haut-parleurs aux quatre coins de la ville, tandis que le récitant Karol, impassible, poursuit sa tirade pour montrer qu’il ignore superbement le pouvoir barbare de ces tristes années. Karol fait aussi partie de l’UNIA, autre mouvement clandestin de résistance culturelle qui vise à donner une formation politique et sociale en vue de rebâtir, sur les décombres du totalitarisme, de solides structures fondées sur la doctrine sociale chrétienne. Dès 1941, le sacerdoce s’impose à l’esprit de Karol comme un genre de vie qui l’aidera à résister à toute idéologie brutale, dégradante pour la dignité humaine. A l’automne 1942, il se rend chez l’archevêque de Cracovie. Le séminaire de ce grand diocèse est devenu clandestin, et l’admission y est secrète. Les candidats restent à leur poste de travail, étudient pendant leur temps libre ( !) et se présentent de temps en temps devant les professeurs pour des examens de contrôle. C’est la résidence de l’archevêque qui abrite ces activités. Karol, qui a dès lors abandonné le (...)


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