Arkheia, revue d'histoire

Jean-Paul II : témoin de l’espérance par Georges Weigel, partie I

Par Bernard Housset
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Article publié dans
Critiques de livres
Auteur : Mgr Bernard Housset, Evêque de Montauban.

(...) cent cinquante ans, il se sent catholique, universel à cent pour cent, concerné par tous les chrétiens et par le monde entier. Nature humaine, liberté et dignité de la personne sont des réalités trop importantes et trop lourdes de conséquences pour que le débat reste confiné entre les catholiques ou même les seuls chrétiens. Il faut que des solutions soient proposées à tout homme. Jean-Paul II est un être que sa foi dote d’un grand espoir pour l’humanité. Face à notre espèce, affolée par ses tragédies, et qui doute de son avenir, voire à la probabilité d’un quelconque à venir, il dit à tous : “‑Nous devons apprendre à ne pas avoir peur‑”. Seul avec Dieu dans le sanctuaire de sa conscience, l’homme perçoit qu’il n’est pas seul face aux énigmes de l’existence, car il se sent enveloppé par l’amour du Créateur.

Karol Wojtyla le résistant. Voyons maintenant de plus près son action de résistance dans son propre pays jusqu’à son pontificat. Ne pas perdre de vue qu’en septembre 1939, Karol n’a guère plus de 19 ans. Modeste étudiant, fils d’une nation une fois de plus -et en quelques semaines- rayée de la carte. Nation décapitée de ses élites intellectuelles : ainsi, dès novembre 1939, l‑’université Jagellon à Cracovie se voit privée de 184 professeurs arrêtés et déportés dans des camps nazis ; grandes bibliothèques publiques pillées ou démantelées ; l’armée polonaise battue et abattue -massacre de plus de 10.000 officiers par les soviétiques dans la forêt de Katyn, mai 1940-. église spoliée de ses bâtiments scolaires, hospitaliers et d’autres biens fonciers ; prêtres et religieuses déportés par milliers et beaucoup exécutés. Karol se trouve dans la zone allemande ; il entre de plein pied dans les épreuves de son pays qui ne font que commencer et il prend sa part des corvées et des privations. Les nazis l’embauchent dans le complexe chimique de Solvay, d’abord sur un site d’extraction de pierre à chaux, où il casse des cailloux qu’il faut aussi pelleter, puis sur le site de production de la soude, où il doit purifier l’eau, transporter des seaux de chaux. A ses heures, il prie sur le carreau ou dans une église paroissiale située entre son logis et son travail. A côté d’une pitance matérielle plus que maigre, c’est dans sa foi qu’il trouve la force de résister. Ces années de service du travail obligatoire (S.T.O.) font découvrir à l’étudiant le monde des ouvriers industriels. Il apprend à connaître leurs conditions de vie, leurs familles, leurs valeurs humaines ; le sens du travail physique, labeur ardu certes mais aussi moyen de participer à la créativité divine, car l’être humain est une créature à qui Dieu a donné une emprise sur la terre. Il n’a pas encore opté pour le sacerdoce, mais son âme de chrétien se forge. Sa force spirituelle s’augmente à l’école mystique de la tradition du (...)



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