Arkheia, revue d'histoire

Jean-Paul II : témoin de l’espérance par Georges Weigel, partie I

Par Bernard Housset
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Article publié dans
Critiques de livres
Auteur : Mgr Bernard Housset, Evêque de Montauban.

(...) il est comme réticent devant l’impossibilité de faire partager ses expériences religieuses profondes. Jean-Paul II est aussi l’objet des préjugés favorables ou défavorables dont l’Occident affecte les polonais : des braves, certes, voire des héros, mais trop passionnés et romantiques dans la vie intellectuelle et dans l’activité politique. Démarqué des milieux du Vatican, qui pensent que le silence est souvent de meilleur aloi, Jean-Paul II préfère les efforts et les risques de la communication. Oui, un signe de contradiction. A un monde qui idolâtre le plaisir et l’individualisme, il rappelle l’idée biblique d’obligation et le profit possible de la souffrance quand elle est devenue inéluctable. Face à la frénésie de relativisme, de soupçon et d’incertitudes, il oppose les vérités universelles et les devoirs moraux. Il réaffirme le concept d’une nature humaine indépendante des conditions culturelles, et celui de la dignité de tout être humain comme indépendante de la rentabilité économique. Pour lui, la politique et l’économie ne doivent pas être les seuls agents de l’histoire -agents d’ailleurs aveugles-. Priorité à la culture, au pouvoir de l’esprit humain et de la décision personnelle. La science historique, importante certes, n’a pas accès au mystère de la personne. D’où les aléas de toute biographie, même celle de Jean-Paul II. Cependant le biographe Weigel espère être allé plus avant que d’autres en tenant compte des éléments dramatiques de la jeunesse de Karol et de sa formation : un homme qui a perçu la crise spécifique de son siècle comme étant celle du concept de la personne humaine, et en a souffert dans les épreuves dues au nazisme et au marxisme d’etat ; un homme chargé d’une vaste expérience grâce au contact avec la vie des autres : étudiant, ouvrier, pasteur d’âmes, confesseur surchargé, enseignant, essayiste, conférencier inlassable sur toutes les grandes questions humaines ; doté, par son travail d’acteur et d’auteur scénique, du sens de la parole et de la communication ; parvenu à cette conviction que culture et liberté réunies ne peuvent maîtriser la barbarie. Il y faut le sens moral, non pas comme un ajout, un “‑enjoliveur‑” de la personne, mais intégré à elle et essentiel à sa définition. A noter que Jean-Paul II échappe à la classification -d’origine française évidente- droite-gauche, ou conservateur-libéral. Il est profond dans sa conviction autant que dans sa pratique du dialogue avec les non-croyants ou avec les représentants des autres religions. Il sait que le Christ rayonne sur tout le genre humain, que rien de ce qui est vraiment humain ne peut manquer de toucher un disciple du Christ. D’où résultent pour lui des centres d’intérêt universels. Jésus-Christ est la réponse unique posée par toute vie. Non conforme à la tradition d’une papauté restée italienne de fait pendant quatre (...)


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