Arkheia, revue d'histoire

Jean-Paul II : témoin de l’espérance par Georges Weigel, partie I

Par Bernard Housset
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Article publié dans
Critiques de livres
Auteur : Mgr Bernard Housset, Evêque de Montauban.

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Prétendre -après une lecture forcément hâtive, parmi bien des besognes- faire en quelques pages le compte-rendu d’une biographie qui couvre 1174 pages, c’est trop présumer. Je préfère souligner d’abord le grand intérêt général de cet ouvrage : vingt chapitres très denses de récits, portraits, rappels historiques, rencontres, évaluations de la probabilité politique, analyses doctrinales aux confins de la métaphysique, de l’anthropologie et de la théologie. Puis, de manière plus proche de l’optique d’Arkheia -archives- qui est “‑histoire de la résistance, mémoire du temps présent‑”, je tiens à mettre en valeur l’attitude de résistance adoptée par Karol Wojtyla devant le nazisme, devant le matérialisme marxiste, et devant les dérives totalitaires du libéralisme et tout ce qui enchaîne, abaisse ou dégrade l’homme. Biographie “‑d’un homme hors du commun‑”, cela parait incontestable. Puissamment formé et aguerri, Wojtyla marque de son autorité morale le dernier quart du XXe siècle. Notons l’aspect dramatique de son existence. Il naît en 1920 dans un pays qui resurgit avec peine en tant qu’état souverain ; pays si souvent dépecé par de multiples partages ; pays déjà contraint à la guerre défensive moins de deux ans après le traité de Versailles et sauvé à temps par Pilsudski des convoitises de la jeune Armée Rouge, prédatrice née, qui aurait volontiers exporté la révolution marxiste jusqu’à l’Atlantique à travers l’Europe occidentale mal relevée de la Grande Guerre (1914-1918). Karol n’a que 9 ans quand il perd sa mère ; à 12 ans, il perd son frère aîné, âgé de 26 ans, jeune médecin victime de son dévouement aux malades, dont il aurait fait son mentor dans ses années de formation et de hautes études. Il n’a que 21 ans à la mort de son père, officier retraité. Mais déjà la Pologne a été sauvagement agressée et subjuguée par l’Allemagne hitlérienne, tandis que l’URSS s’empare de sa partie orientale. Karol, alors bien avancé dans la carrière académique et théâtrale, opte pour la rupture, se prépare au sacerdoce comme séminariste clandestin, sans éviter aucune des servitudes d’un travailleur d’usine, échappe aux chasses à l’homme menées par la gestapo, entasse, dans ses maigres loisirs, sur ses fortes bases classiques, philologie, théologie, langues étrangères. Résumé de son parcours : Devenu prêtre en 1946, étudiant à Rome, il achève une thèse qui permet son premier doctorat de l’université Jagellon à Cracovie. Vicaire et aumônier d’étudiants, il enseigne à l’université Jagellon, puis, après un deuxième doctorat, à la faculté de philosophie de l’université catholique de Lublin.

Evêque auxiliaire à 38 ans, puis archevêque de Cracovie, il siège parmi les pères du Concile Vatican II (1962-1965) où il se fait le défenseur ardent de la liberté religieuse comme (...)


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