Arkheia, revue d'histoire

Irénée Bonnafous, journaliste, homme politique (82)

Par Max Lagarrigue
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Article publié dans
Biographies
auteur : historien, directeur de la revue Arkheia. Auteur de nombreuses fiches biographiques pour le Dictionnaire du mouvement ouvrier français.

(...) à Montauban. Ces derniers ayant pour mission d’enlever le président Azaña. Bonnafous informa aussitôt l’entourage du Président. Il constitua, semble-t-il, une petite garde rapprochée dans l’hôtel pour éviter à Azaña le même sort que celui du président de la Généralité de Catalogne, Lluis Companys. Âgé de 76 ans en 1941, il n’entendait pas en rester là. Il constitua un service privé de renseignements, dont il fit bénéficier sans ostracisme tant la résistance civile que militaire. A partir de son bureau et de La Dépêche de Toulouse au 33, rue de la République, siège actuel de La Dépêche, désormais du Midi, il organisa son réseau de renseignements. Aidé dans cette tâche par ses contacts fraternels, il tissa un réseau dans toutes les administrations susceptibles de lui fournir des informations. Les inspecteurs de police Mallet et Gamel, le brigadier chef Grenaille, l’adjudant de gendarmerie Henri Eychenne et bien d’autres encore, viennent à tour de rôle au 33, rue de la République, informer Bonnafous. Parallèlement à ce service de renseignements, il créa un groupe clandestin qui réunissait amis politiques et fraternels : Les Jacobins montalbanais.

En mai 1941, Les Jacobins montalbanais regroupaient en grande majorité des éléments du parti radical-socialiste hostiles à la politique du gouvernement de Vichy, et des francs-maçons. Cette organisation proto-résistante, diffusa la presse clandestine et organisa plus tard, un certain nombre de sabotages. Il coordonnait les mouvements clandestins, servait de relais, de boîte aux lettres à la Résistance dans son ensemble. Absent de tout mandat politique durant l’entre-deux-guerres, il ne voulut pas moins exercer de magistère dans la Résistance. Acteur anonyme, au point que l’on oublie volontiers son action, probablement pour des raisons d’ordre politique, Bonnafous était, nous pouvons le dire, la pierre angulaire d’un service de renseignements qui a informé tous les résistants du département, quelques soient leurs étiquettes politiques ou ambitions personnelles. S’il collabora étroitement avec le 2e bureau de l’état-major A.S., puis F.F.I., nous ne pouvons dans cette biographie succincte mettre en lumière toute l’activité clandestine de Bonnafous. Arrêté le 9 juin 1944 par la Gestapo en compagnie de son gendre, Roger Delnondedieu, de Mgr Théas –évêque de Montauban - de Émile Bousquet, notaire et père de René Bousquet, du préfet de Moselle Bourrat, du colonel de gendarmerie Hiriart, de l’instituteur Elie Villeneuve et d’un officier du C.A.T. du nom de Pitray, il fut toutefois relâché 48 heures plus tard en “ raison de son âge ”. On retiendra de cet emprisonnement éphémère - il est relâché le 10 juin à 11 heures -, la rencontre de Bonnafous avec l’évêque de Montauban, Mgr Théas. En effet, il ressort plusieurs témoignages de cette rencontre qu’il est intéressant de signaler. D’après le (...)



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