Arkheia, revue d'histoire

In Memoriam Étienne Roda-Gil

Par Max Lagarrigue
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Article publié dans
Arkheia n°17-18
Auteur : Max Lagarrigue est historien, journaliste, directeur de la revue Arkheia. Ses derniers ouvrages 1940, la Belgique du repli : L’histoire d’une petite Belgique dans le Sud-Ouest de la France (Hainaut, 2005) et 99 questions sur…les Français sous l’Occupation (CNDP, 2007).

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Etienne Roda-Gil est mort le 31 mai 2004. Fils de réfugiés républicains espagnols, il était né au camp de Septfonds (Tarn-et-Garonne) où sa famille fut internée après avoir fui l’Espagne. De la situation matériellement et moralement difficile de ses premières années, le parolier conservera toujours les meurtrissures sous la forme d’une très vive politisation et d’un questionnement incessant sur le monde dans lequel il vivait.

Disparu il y a un peu plus d’un an, à l’âge de 62 ans, Etienne Roda-Gil fut inhumé à Paris, au cimetière de Montparnasse dans une certaine discrétion. Les nécrologies de circonstance furent trop peu nombreuses au regard de l’oeuvre de ce parolier, auteur de quelques-uns des plus grands tubes français de ces trente dernières années. La sortie, l’automne dernier, de Double enfance, le dernier album de Julien Clerc auquel son nom est indissolublement associé, et d’une biographie qui lui est consacrée, ont quelque peu comblé cette lacune . C’est au camp d’internement de Septfonds – où, dès février 1939, 16 000 hommes de l’ancienne armée républicaine furent internés – qu’Esteva (Etienne) Roda-Gil voit le jour, le 1er août 1941 . Ses parents sont Antonio Roda-Vallès, un ouvrier militant libertaire de la CNT, et Leonor Gil. Ils se sont connus peu avant le début de la IIe République espagnole dans la cité industrielle de Badalona, près de Barcelone. Engagés dans le camp républicain , le couple parvient, en février 1939, à échapper à la répression franquiste et à passer les Pyrénées pour finalement échouer dans le Tarn-et-Garonne où le gouvernement français a établi un camp.  (...)


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