Arkheia, revue d'histoire

Femme d’action, femme résistante. Marie-Rose Gineste, Juste parmi les Nations

Par Max Lagarrigue
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Article publié dans
Arkheia n°7-8-9
Auteur : Max Lagarrigue est historien, directeur-fondateur de la revue Arkheia. Auteur de nombreux ouvrages dont 99 questions... sur les Français durant l’Occupation, CNDP, 2007 ; 1940, la France du repli (Privat, 2000) ; 1940, la Belgique du repli (Hainaut, 2005).

(...) avec le mouvement Combat. C’est dans ces circonstances qu’elle fait la rencontre, en février-mars 42, d’un dénommé Goldenberg alias Léo Hamon, avocat à la Cour d’Appel de Paris et réfugié à Montauban avec sa famille rue Aristide-Briand. Il la met en contact avec le responsable départemental de Combat : Me André Veaux, avoué, 15, rue faubourg du Moustier. C’est dans son étude, où un embryon de groupe s’est déjà constitué, avec notamment : Raymond Tournou, Edmond Pagès, Marcel Cabrit, Marcel Foussard, Jules Allamelle et Louis Rouère, que Melle Gineste va désormais travailler, tout en continuant son activité clandestine dans l’organisation Témoignage Chrétien. Dès lors, elle sert d’agent de liaison à l’organisation Combat. Elle assure le transport à bicyclette, de Montauban à Toulouse, du bulletin d’information de Combat (BIC). Dans le courant de l’année 1942, Me Veaux, débordé par ses activités professionnelles, demande à Marie-Rose Gineste de prendre la direction de l’organisation Combat. Elle n’accepte que si ce dernier co-dirige l’organisation. A partir de cette date, Combat a une direction bicéphale. Cette nouvelle prise de responsabilité, rare pour une femme, du moins à cette époque, confirme que Melle Gineste est une femme d’exception. “ Je serais responsable jusqu’à la création du Mouvements Unis de la Résistance (MUR), à la mi-année 1943 ” témoigne Melle Gineste. Dès novembre 1941, représentante des organisations qu’elle dirige, Melle Gineste s’était, rendue à Toulouse, rue Fermat, pour rencontrer les représentants clandestins de plusieurs départements des organisations Libération, Combat et de la CGT. Une autre réunion régionale a lieu dans un village des Pyrénées à Cathervelle, à 9 km de Bagnères-de-Luchon où elle se rend en compagnie de Jules Allamelle. Ils interviennent pour demander la fusion des mouvements. C’est durant ces mêmes réunions régionales des organisations, qu’elle rencontre Henri Frenay, le fondateur de Combat, fin 1942, rue Saint-Anne à Toulouse.

UNE LOGISTICIENNE A TOUT ÉPREUVE

Marie-Rose Gineste est aussi une femme d’organisation. Et elle le prouve en mettant en place un service de correspondance. Elle établit trois boîtes aux lettres : une chez Pradal, poissonnier, 6, rue Gillaque, une chez Louis Costes, pharmacien, 39 Grand’Rue Villenouvelle, et lorsque ce dernier à l’automne 1943 devient la boîte aux lettres de l’Armée Secrète, elle en crée une troisième à l’épicerie Lecomte, rue de la République. Elle met également en place des groupes clandestins. Un à Montauban dont elle prend la tête ; un à Castelsarrasin avec Mme Isabelle Pasquine, institutrice ; un groupe à Moissac avec Pierre Durand, négociant, rue Sainte-Catherine ; et enfin, un troisième à Saint-Aignan avec Jo, gendarme à la retraite, qui devint chef de la 14ème compagnie AS. Ces groupes, à leurs tours, (...)


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