
« Pour l’éducation des générations qui arrivent, il n’y a pas de leçons plus pénétrantes et d’un plus durable effet que celles qui se dégagent de la vue de ces images de bronze ou de marbre élevées au coeur de nos grandes ou de nos petites villes à la gloire des contemporains dont la vie a été un exemple et mérite d’être un enseignement pour l’avenir » s’exclamait Armand Fallières à Marmande, le 3 octobre 1909, à l’occasion de l’inauguration du buste de l’ancien ministre Léopold Faye, et quelques jours seulement avant l’inauguration de celui du ministre Pierre Deluns - Montaud à Allemans-du-Dropt. Outre la mission d’instruction civique dévolue à la sculpture en ce début de XXe siècle – révéler la valeur et les vertus de l’homme statufié– , le Président, par ce discours, rappelle la volonté de la République de pérenniser ses valeurs dans le bronze et de s’aménager des lieux d’accroche. Autant de raisons qui font qu’il avait à son tour peu de chances d’y échapper… La promesse en est d’ailleurs faite par Lucien Duplan, maire de Mézin, dès ses obsèques le 25 juin 1931. Mais la constitution d’un comité local, d’un comité de Haut-Patronnage et d’un Comité d’honneur regroupant les hommes politiques les plus en vue, ne permettent pas pour autant de s’affranchir aisément de l’obstacle financier, inhérent à une telle entreprise. Il faut donc attendre 1936 et le lancement d’une souscription nationale pour voir le projet prendre corps. La réalisation de la statue est alors confiée à Daniel Bacqué, sculpteur originaire de Vianne, maintes fois médaillé, que la municipalité connaît pour lui avoir commandé en 1925 le monument aux morts de la guerre 1914-1918. (...)