Arkheia, revue d'histoire

Entretien avec Pierre Lefranc. À la recherche du gaullisme des gaullistes

Par Guillaume Bourgeois
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Article publié dans
Arkheia n°7-8-9
Auteur : Guillaume Bourgeois est maître de conférences à l’unversité de Poitiers et conseiller scientifique de la revue Arkheia.
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(...) les Soviétiques ont essayé d’imposer aux alliés comme seul légitime. Quand de Gaulle s’est rendu à Moscou au mois de décembre 1944, Staline a insisté pour qu’il reconnaisse ce gouvernement communiste et le Général lui a dit : « Il n’en est pas question ! ». Il a nommé un capitaine, qui n’était autre que Christian Fouchet, alors attaché militaire auprès de l’ambassade de France à Moscou, pour partir comme officier de liaison avec le comité de Lublin mais il a refusé de reconnaître officiellement ce gouvernement qui était un gouvernement instauré par la force. » GB : Peu après la Libération, de Gaulle se retire de la vie politique. Plus exactement, après avoir claqué la porte en janvier 1946 et partiellement échoué dans l’entreprise de construction du Rassemblement du peuple français, il commence une traversée du désert qui prend fin subitement en 1958… « La deuxième chance de de Gaulle, c’est en effet l’immense confusion qui règne sous la IVe République. La moyenne de durée d’un ministère est de trois mois et, par conséquent les Français finissent par avoir une très mauvaise impression des institutions. Ils se sont rendus compte avec la guerre d’Algérie que le pouvoir politique était impuissant et se tournent vers de Gaulle afin d’éviter, sinon la guerre civile, au moins un affrontement très important entre tenants et opposants de l’Algérie française. De Gaulle permet ensuite la transformation complète de notre présence en Algérie et parachève la décolonisation. De tout cela – la volonté de résister après la défaite, la Libération sauvée, le dénouement de l’affaire algérienne et les nouvelles institutions –, les Français sont tout à fait conscients qu’ils lui sont redevables. »

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