Dans une salle de l’Elysée, trois techniciens de l’image s’affairent comme à la veille d’une allocution télévisée du président Charles de Gaulle, tandis qu’un quatrième personnage, plus en retrait, les observe. Nous sommes pourtant en 1975, cinq ans après la mort du général. Si ces quatre personnages ont accepté de se réunir en ce lieu et de se prêter à ce jeu étrange de la reconstitution, c’est pour évoquer avec émotion la mémoire de cette “ bête de télévision ” que fut le général de Gaulle, devant la caméra du réalisateur Daniel Costelle. Interviewé en premier, Jacques Manier, directeur de la photographie, explique que le bureau présidentiel dans lequel il se trouve n’est qu’un décor reconstitué dans la salle des fêtes de l’Elysée. C’est dans ce même décor de cinéma, aménagé pour des raisons pratiques et techniques, qu’il y a seulement quelques années de là, le président de Gaulle faisait ses allocutions télévisées aux Français. Interrogé à son tour, le cameraman Robert Prioux dit garder d’excellents souvenirs du “ grand personnage ” que fut le général de Gaulle. Claude Coubessarian précise quant à lui qu’il a été appelé comme maquilleur au service du général parce qu’il était connu dans le métier pour avoir maquillé de nombreuses vedettes de cinéma, notamment Jean-Paul Belmondo. Le quatrième personnage présent en ce lieu n’est autre que Romain Gary dont les interventions nombreuses dans ce film alternent avec des images d’archives du général : allocutions télévisées aux Français, conférences de presse, tête-à-tête avec un journaliste, discours à la foule lors de ses déplacements, rushes de tournage inédits… Assis dans un coin de la pièce, Gary se prête au jeu des questions du réalisateur pour parler de façon personnelle et passionnelle de “ l’homme de (s)a vie ”, pour reprendre ses propres termes. C’est là que réside l’intérêt de ce documentaire qui cherche moins à retracer le parcours politique du général de Gaulle qu’à évoquer le personnage, l’homme, à travers le regard de l’écrivain-créateur Romain Gary. Parlant de de Gaulle, Gary écrit : “ Peu d’hommes dans l’Histoire ont partagé avec lui cet étrange privilège, celui de susciter notre intérêt pour eux-mêmes bien plus que pour leurs réalisations effectives…l’homme intéresse bien plus profondément que l’histoire qu’il a laissée dans son sillage (...)
Avec la participation de Patrick Cabanel, Antonio Ferrer Benimelli, Hilari Raguer, Joseph Pérez, Gérard Malgat et Elvire Diaz...Commander le dès aujourd’hui