Arkheia, revue d'histoire

1936 : l’agression filmée de Léon Blum

Par Cédric Gruat
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Article publié dans
Arkheia n°17-18
Auteur : Cédric Gruat, historien et documentariste. Il est l’auteur Amis des Juifs. Les Résistants aux étoiles (Editions Tirésias, 2006 prix Philippe Viannay). Il est membre du comité de rédaction d’Arkheia.

(...) qu’avec le début de la Grande Guerre. Chef de cabinet de Marcel Sembat, ministre des Travaux publics dans le gouvernement d’Union sacrée, il s’oppose au courant pacifiste de la SFIO. Refusant l’adhésion à la IIIe internationale (communiste) lors de la scission du congrès de Tours (décembre 1920), Blum devient l’un des caciques de la SFIO. Élu député de la Seine en 1919, il perd son mandat parlementaire face au communiste Jacques Duclos (1928). L’année suivante, il parvient lors d’une élection partielle à Narbonne, à recouvrer son siège jusqu’en 1940. Favorable au Rassemblement populaire initié en février 1934, il assume, après la victoire du Front populaire en avril 1936, les fonctions de président du Conseil. |

L’un d’eux crie « Blum assassin ! », un autre « On va le pendre ! ». Le brigadier réussit néanmoins à dégager le côté droit de la voiture et à maintenir la portière fermée. Mais les assaillants cassent les vitres de la citroën à coups de poings et de cannes. La glace arrière explose, Léon Blum est blessé au visage et à la nuque, il saigne abondamment. Les agents sortent tant bien que mal le député de l’automobile, le tirent sur la chaussée où, gisant, il reçoit encore des coups de pieds. Des ouvriers qui travaillent à la façade d’un immeuble proche du ministère de la Guerre accourent pour aider le blessé. Léon Blum, alors âgé de 64 ans, est transporté dans la cour intérieure d’un immeuble voisin, avant d’être conduit à l’Hôtel - Dieu où il est soigné pour une rupture de la veine temporale.1 Si l’on connaît les réactions politiques à cet événement - dissolution le soir - même par le conseil des ministres de la ligue d’Action française, de la Fédération des camelots du roi et de la Fédération nationale des étudiants d’Action française, grande manifestation de la gauche le 16 février suivant à Paris à l’appel du Rassemblement populaire 2 -, on sait peut - être moins que cette agression a été filmée. Le 15 février, le journal Le Populaire, dont Léon Blum est le directeur, annonce en effet que la police judiciaire a saisi chez un cinéaste amateur un film sur lequel ont été enregistrés les faits du 13 février. Le cinéaste en question s’appelle Gérard Bennett, opérateur de 28 ans, qui, revenant d’un mariage, se trouve par hasard boulevard Saint-Germain et a le réflexe d’utiliser les quelques mètres de pellicules vierges restant dans sa caméra pour filmer ce dont il est témoin. Pour le journaliste du Populaire chargé de suivre l’affaire, il ne fait pas de doute que ces images vont constituer le « témoignage le plus irréfutable qu’il soit, la preuve irrécusable » 3 qui doivent permettre d’identifier celui qui a porté à Léon Blum le coup qui aurait pu lui être fatal. Le 20 février, le même journal indique que le film a permis de constater qu’un certain Louis Courtois « s’est avancé (...)



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