Arkheia, revue d'histoire

14-18 : la Grande Guerre en Tarn-et-Garonne

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Article publié dans
Première Guerre mondiale

(...) répondent à l’appel, de manière inégale, de sorte qu’en 1916, le Comité se voit dans la pénible obligation de supprimer l’envoi de colis d’effets, aux prisonniers originaires des communes ayant refusé de voter des fonds. Un grand nombre de prisonniers de guerre allemands sont internés au dépôt de l’ Arsenal. Leur affectation aux travaux agricoles exclusivement, est décidée par le général commandant le 17e Corps d’ Armée de Toulouse. Les propriétaires doivent s’adresser au Préfet. Des civils allemands et autrichiens, avec femmes et enfants, résidant en France au début des hostilités, sont internés dans les dépôts de Labastide-Saint-Pierre et Moissac dès le printemps 1915. Ils sont parfois transférés dans d’autres camps avant d’être rapatriés à la fin de la guerre.

Loin du front : de l’Union sacrée à l’insoumission

L’ Union sacrée, fruit d’un consensus idéologique et politique, est rejetée par l’évêque de Montauban, Mgr Pierre Marty, antirépublicain et farouche opposant de Charles Capéran, sénateur-maire radical. L’espoir d’une guerre courte déçu, les hécatombes du front, les pénuries, arrivent alors le doute, la méfiance et les rancœurs, les critiques et les refus. Des rumeurs concernant des bonbons, des gâteaux et des pastilles de bouillon Kub empoisonnés, circulent rapidement. Dans le climat de suspicion et d’espionnite qui règne alors, les autorités craignent des espions ennemis dissimulés parmi les blessés français rapatriés. Elles supposent même « que parmi les rapatriés civils de nos régions du Nord, on cherchera à faire venir en France des agents au service des Empires du Centre ». Dans une lettre du général commandant le 17e Corps d’ Armée de Toulouse au Préfet de Tarn-et-Garonne le 10 décembre 1915, il est suggéré l’idée qu’une fiche signalétique soit établie et communiquée à la Mairie du lieu où ils seront dirigés sur leur demande. Dans une lettre au préfet du 5 février 1916, le sous-préfet de Castelsarrasin s’inquiète de la surveillance de l’usine de munitions (douilles pour le fusil Lebel) de la sous-préfecture, craignant des attentats d’agents espagnols envoyés par le consul d’Allemagne de Barcelone. Le bibliothécaire et archiviste montalbanais Emmanuel Ducasse note dans son journal l’évolution de l’opinion : « Il y a les hommes qui se battent au front... et les autres » (janvier 1915). « On n’a jamais vu le pain aussi cher et aussi mauvais » (février 1915). « L’opinion générale à Montauban est celle-ci. On ne nous dit pas tout. Nous avons beaucoup plus de pertes que ne disent journaux et communiqués » (octobre 1915). « Un soldat l’autre jour baisait sa main blessé en disant : elle me sauve le reste » (février 1916).

L’économie de guerre : des finances, du pain et des canons

Quatre emprunts de la Défense Nationale sont émis pour répondre à l’effort de guerre. Le Comité de Propagande de Montauban lance un appel pour (...)



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