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Arkheia n°10 / 2003 / Le Maquis des carottes

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Édito

 |  Par Max Lagarrigue

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1941, un nombre réduit de Tarn-et-Garonnais entrent en résistance au régime de Vichy. Des communes de Beaumont-de-Lomagne à Lavit mais également à Montech ou Finhan, des hommes constituent des groupes clandestins. C’est leurs parcours que Jacques Latu a retracé, pas à pas, de 1941 à la Libération. Cette enquête minutieuse réalisée avec des archives inédites et de nombreux témoignages nous révèle la naissance de la 10e compagnie de l’Armée Secrète, principale organisation de la Résistance pour le sud du Tarn-et-Garonne. Leur chef André Brunel, alias Bourcier, réussit à regrouper des éléments très composites : résistants locaux, gendarmes, militaires de l’armée d’Armistice, réfractaires au STO, combattants espagnols…tous dispersés dans les villages et les fermes alentours. La pharmacie Marsol à Beaumont sert alors de boîte aux lettres. Jusque-là, l’absence de l’occupant et la complaisance des gendarmes sont un atout. L’occupation du sud de la France, en novembre 1942, bouleverse la donne. L’arrivée par la suite dans le département de la division SS Das Reich, avril 1944, accroît la pression sur les résistants. La forêt de Montech devient également un considérable parc stratégique de munitions allemand, à proximité du dépôt d’essence de Montbartier et de son usine de récupération des métaux. La 10e compagnie va, dès lors, fournir des renseignements sur le dispositif allemand de Montbartier, de Montech et du château de Cadars. Les plans réalisés par l’équipe d’Alexandre Bès, instituteur à Finhan, et la complicité de Pierre Fourcade serviront à l’aviation alliée pour bombarder le dépôt de Monbartier, les 25 juin et 24 juillet 1944. Dès le débarquement allié, l’ordre est donné à la 10e compagnie de former un maquis. Un groupe d’hommes mobiles, peu armé, parti de la commune de Sérignac gagne le bois de la Brugue pour surveiller le terrain de parachutage dit du Viaduc. Le point de commandement est installé à la ferme des Carottes. Dès lors, le maquis de la 10e compagnie prend le nom de maquis des Carottes. Peu de temps après cette entrée en clandestinité, le maquis des Carottes est rejoint par les gendarmes de la brigade de Lavit-de-Lomagne. Ceux de Beaumont-de-Lomagne et de Castelsarrasin les suivent quelques jours plus tard. Juin 1944, 130 hommes environ sont regroupés. Peu armés, ils reçoivent mission d’interdire l’accès aux ponts de la Garonne. La zone géographique à couvrir est vaste de Lamagistère à Verdun-sur-Garonne. Ce secteur nommé Sud Garonne, Bourcier en assure le commandement. A cela, s’ajoute la route nationale 113, qui joint Bordeaux à Toulouse. Les 19 et 20 août 1944, au croisement de La Vitarelle, à Montech une partie du mince effectif du maquis des Carottes attaque une solide colonne de la Wehrmacht qui se dirige vers Toulouse, alors qu’au même moment Montauban est libéré. Cette reconstitution passionnante, fruit de longues recherches, permet pour la première fois de rendre compte du travail clandestin accompli par des Tarn-et-Garonnais qui étaient pour l’essentiel des paysans et des artisans locaux.

 

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